St Augustine : Changing Plans
St Augustine c’est l’habituel modèle folk du chanteur à guitare comme on en trouve dans chaque réverbère à condition d'y mettre un bon coup de pied…
Pour l'auteur-compositeur-interprête, pas d'autre choix que d'accrocher immédiatement par la qualité de ses mélodies et le timbre de sa voix, un contrat rempli ici, dés les premières secondes de ce premier album. A cheval entre deux continents, les musiques fonctionnent d'elles-mêmes ("Polar bears", "Sad moment"...) et les mots indiquent le chemin ("Let it go", "A nice picture of you"…)
Alors faut-il chercher longtemps pour trouver plus d'intérêt à cet artiste clermontois?
La réponse s'impose d'elle-même lorsque l'on entend surgir une trompette qui se la joue mariachi ("Iceland"), des castagnettes sortie d'une production "Be my baby" de Phil Spector ("Rainy country"), un orgue au souffle chaud ("Five and a dog"), et d'autres invités qui parviennent à voltiger autour de ces arpèges guitaristiques quasi-omniprésents.
Encore un disque réussi du label Kütu Folk, qui en rajoute une couche par son artwork élégant sur l'habituelle pochette cousue-main.
Hope Sandoval & The Warm Inventions :
Through The Devil Softly
Hope Sandoval est une chanteuse à voix… pas du genre à faire exploser les enceintes par ces cris de gymnastes auxquels nous a habitué une variété prompte à la performance vocale, non… plutôt une chanteuse à voix par la nature même de l'organe en question. Douce, sensuelle, posée, mettant le verbe en avant, magnifiant les mélodies, la voix de Hope Sandoval captive les plus rétissants. Choisissant un écrin mélodique à sa mesure, la chanteuse livre une poésie délicate, parfois inquiétante et souvent mélancolique. En nous attirant dans ses filets, elle nous fait basculer de l'autre côté du miroir et chaque instrument nous aide à prolonger le rêve. Méfiance! Cette conteuse vous hypnotise!… La preuve? Cette sensation étrange qu'elle ne chante que pour vous ne vous lâche jamais…
La Roux : La Roux
La Roux, duo electro-pop anglais formé de la chanteuse Elly Jackson et du claviériste Ben Langmaid, est une machine à remonter le temps. En surfant la vague des chanteuses à synthés, La Roux nous replonge au cœur des années 80 avec une maîtrise du genre tout à fait captivante. Au-delà du design sonore fidéle au tout synthétique et de la programmation titanesque, ce sont surtout les mélodies qui offrent à l'expérience toute sa légitimité. Quant à la voix, bien réelle, elle s'avère idéale dans ce registre pop avant tout. Cet album aurait déchaîné le public en 1985, mais ne ravira sans doute que les fins gourmets du XXIème siécle dont ne font pas toujours partie les nostalgiques des néons fluos…
